04 décembre 2009
“Par nature, l’homme est un animal social et politique"
Chaque homme possède, de par sa nature, la lumière innée de la raison, qui, dans ses actes, le guide vers sa fin. Et s’il convenait à l’homme de vivre solitairement, comme il convient à beaucoup d’animaux, il n’aurait besoin d’être dirigé par aucun autre principe directeur vers cette fin, mais chacun serait à soi-même son propre roi, sous la royauté suprême de Dieu, en tant que, par la lumière de la raison, qui est un don de Dieu, il se dirigerait lui-même dans ses actes. Mais il est dans la nature de l’homme d’être un animal social et politique, vivant dans une multitude, à un degré beaucoup plus fort encore que tous les autres animaux, ce que montre la nécessité naturelle.
En effet, la nature a préparé aux autres animaux la nourriture, un vêtement de pelage, des moyens de défense, comme les dents, les cornes, les griffes, ou, du moins, la rapidité dans la fuite. L’homme, au contraire, a été créé sans que la nature ne lui procure rien de tout cela, mais, à la place, la raison lui a été donnée, qui lui permit de préparer toutes ces choses, par le travail de ses mains: à quoi un seul homme ne suffit pas. En effet, un seul homme ne pourrait pas, par lui-même, s’assurer les moyens nécessaires à la vie. Il est donc dans la nature de l’homme qu’il vive en société.
Bien plus, les autres animaux possèdent à l’état inné une habileté naturelle à découvrir tout ce qui leur est utile ou nuisible, comme la brebis sent naturellement que le loup est son ennemi. Certains animaux connaissent même, grâce à cette habileté naturelle, certaines plantes médicinales et d’autres choses nécessaires à leur vie.
Or l’homme a, des choses qui sont nécessaires à sa vie, une connaissance naturelle qui n’est que générale, étant capable, par la raison, de parvenir, en partant des principes universels, à la connaissance des choses particulières qui sont nécessaires à la vie humaine. Mais il n’est pas possible qu’un seul homme atteigne, par sa propre raison, à toutes les choses de ce genre. Il est donc nécessaire à l’homme de vivre en multitude, afin que chacun soit aidé par le prochain, et que tous s’occupent de découvertes rationnelles diverses, par exemple, l’un en médecine, l’autre dans tel domaine, un autre dans tel autre.”
De Regno ; Saint Thomas d’Aquin
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25 octobre 2009
Fête du Christ Roi
En ce dimanche de la fête du Christ Roi, nous vous invitons à visiter notre bibliothèque et consulter l'ouvrage intitulé LE CHRIST ROI ET LA POLITIQUE CHRÉTIENNE écrit par les moines de l'abbaye bénédictine de Notre Dame de Bellaigue.
« Sa domination est une domination éternelle qui ne passera pas et sa royauté une royauté qui ne sera pas détruite. » (Daniel, VII,14)
Les fêtes du Christ-Roi
La fête du Christ Roi, célébrée le dernier dimanche d’octobre, a été introduite par le pape Pie XI en 1925 par son encyclique Quas Primas. Ce n’était pas une dévotion nouvelle. La fête traditionnelle de la Royauté du Christ est une des plus anciennes : c'est la fête de l'Epiphanie. Dans l'hommage des trois rois, nous voyons l'hommage de tous les peuples et de tous les princes, au Roi des rois. Les mages offrent l'or à Jésus en reconnaissance de sa Royauté.
Toutes les grandes fêtes de l’année proclament et célèbrent cette Royauté du Christ, comme « Roi des nations » (Antienne de l’Avent le 22 décembre), « Roi pacifique » (Noël), « Roi, Christ Rédempteur » (Rameaux), « Roi de gloire, Seigneur des armées » (Ascension), dont l’Esprit « remplit l’Univers » (Pentecôte) et conquiert le monde par son Eglise.
Pourquoi Pie XI a-t-il donc introduit cette fête du Christ Roi ? A une époque de laïcisme et d'athéisme, il fallait, et il faut encore aujourd’hui rappeler ce qui, autrefois, était évident pour tout chrétien, à savoir que le Christ règne sur la société. En effet, si l’ordre spirituel et l’ordre temporel sont distincts, ils ne sont pas séparés.
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16 septembre 2009
Reportage vidéo de la session des 12 et 13 septembre 2009
Voici un compte-rendu vidéo de la session de formation des 12 et 13 septembre 2009 organisée conjointement par Civitas, France Jeunesse Civitas et Belgique et Chrétienté.
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15 septembre 2009
Doctrines philosophiques et systèmes politiques de Louis Jugnet
Nous mettons en ligne et au format pdf l'ouvrage fondamental intitulé " Doctrines philosophiques et systèmes politique " de Louis JUGNET.
Ce texte est un résumé du cours professé à l' I.E.P de Toulouse en 1965.
Pour le télécharger, veuillez cliquer ici
Résumé du Cours sur "Doctrines philosophiques et systèmes politiques"
1° La philosophie ne doit pas être négligée par les étudiants de l'Institut.
D'abord, pour leur culture personnelle - motif auquel, Dieu merci, certains ne sont pas insensibles... Sans réflexion philosophique, on aboutit, soit aux fantaisies rhétoriques, soit à la barbarie techniciste (v. le « Meilleur des Mondes », d'A. Huxley). Ensuite, utilitairement, ceux qui veulent préparer l'E.N.A. doivent savoir que souvent les conversations avec le jury prennent un tour philosophique. (C'est pourquoi on introduit en 4e année un enseignement sur cette matière).
Plus particulièrement, il y a une philosophie politique, d'importance considérable : Platon, Rousseau, Hégel, Marx, Sartre, Raymond Aron, etc.
2° Quelques notions fondamentales pour comprendre lse grandes doctrines. Le foisonnement de celles-ci ne doit pas cacher les constantes, les grandes lignes de force.
a) La distinction entre l'attitude réaliste et l'attitude idéaliste, au sens précis que ces mots prennent en philosophie (v. un bon manuel de philosophie, ou un vocabulaire comme celui de Lalande). Ceci concerne la théorie de la connaissance et la métaphysique, mais il y a une application politique : certains auteurs considérant la société avant tout comme un fait, une donnée, qu'on peut sans doute améliorer, mais qu'il faut d'abord prendre comme elle est (Aristote, Montesquieu, Comte, Marx, Maurras) c'est le réalisme politique. D'autres s'occupent peu du fait, et ne s'attachent qu'à réaliser à tout prix un idéal posé a priori (Rousseau, Brunschwig, Jaurès) c'est l'idéalisme politique.
b) Rapports entre morale et politique.
En fait, trois attitudes possibles :
- Ou bien on interdit à la morale de s'occuper du politique (soit parce qu'on ne croit pas du tout à la morale, soit qu'on la cantonne dans la conduite individuelle). C'est le Machiavélisme, idée et pratique fort répandue.
- Ou bien on incorpore si totalement la politique à la morale qu'elle en devient une branche (sorte de morale civique). C'est le « moralisme politique », ex : Brunetière, Marc Sangnier et le « Sillon » et, dans une certaine mesure, l'école de Maritain.
- Ou bien on admet à la fois que la politique a un aspect technique irréductible à la morale, qu'elle n'est identique à cette dernière ni dans son but ni dans ses moyens (contre le moralisme) ; mais qu'elle est strictement subordonnée aux exigences morales dans son usage et ses réalisations (un peu comme la médecine). C'est l'attitude d'un certain nombre de penseurs dont nous reparlerons en diverses leçons.
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« Sa domination est une domination éternelle qui ne passera pas et sa royauté une royauté qui ne sera pas détruite. » (Daniel, VII,14)