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19 juin 2013

Politique familiale russe aux antipodes de celle pratiquée en France

russesprofamille.jpgLe programme gouvernemental intitulé « Conception de la politique familiale d’État à l’horizon 2025 » a provoqué un large débat dans les médias russes. Elena Mizoulina, députée du parti Russie Juste et une des auteurs du document, éclaircit certains points.

Sur la famille

Les auteurs du rapport estiment que la famille est « l’union d’un homme et d’une femme, enregistrée par l’État ou par les institutions religieuses ». Le document précise qu’une « famille idéale » est celle abritant plusieurs générations sous le même toit. La députée estime que « la grande famille à plusieurs générations a toujours été une tradition russe. Aujourd’hui, une famille sur trois réunit plusieurs générations : et ce n’est pas simplement lié à la difficulté de se loger, c’est un choix véritable. »

Sur les enfants

Le document prévoit également « plusieurs enfants » dans la famille – idéalement, au moins trois. Les députés y fixent pour objectif de surmonter la crise démographique, et misent notamment sur les familles nombreuses comme « familles les plus solides ». Les chiffres officiels indiquent que 87% de ces familles nombreuses, en Russie, sont « complètes » : c’est-à-dire réunissant un père et une mère.

Sur le mariage à l’église

Le document propose d’égaliser mariage religieux et mariage civil. La députée estime que la société russe a actuellement tendance, en effet, à préférer le mariage religieux au civil. Et les auteurs du document veulent ainsi permettre aux croyants d’obtenir un justificatif officiel de l’union sur la base de l’acte d’église. Le mariage religieux, pour l’heure, n’est pas reconnu par l’État russe.

Sur le rôle de l’église

Elena Mizoulina assure que le rôle des Églises a considérablement augmenté au cours des dernières années. Les représentants des trois confessions les plus nombreuses (orthodoxes, musulmans et juifs) participent activement aux débats parlementaires, notamment sur les questions touchant à la famille. Et leurs avis convergent. La députée précise que des représentants de chacune des confessions ont également pris part à l’élaboration du programme .

Sur le divorce

Afin de réduire le nombre de divorces (il concerne un mariage sur deux en Russie, assure le rapport), le texte prévoit d’établir une « taxe » en cas de dissolution du mariage, dont s’acquitteront les deux époux. Les fonds récoltés seront notamment versés à un Fonds des pensions alimentaires, qui soutiendra les familles en difficulté. Les hommes qui ne s’acquittent pas de leur pension alimentaire se verront interdire de quitter le pays ou d’effectuer des achats importants.

Sur l’avortement

Le rapport incite à « former une image négative » de l’avortement dans la société, souligne que l’acte ne doit pas « être perçu comme une chose banale ». Elena Mizoulina mise, parallèlement, sur la promotion de la maternité et de l’enfance, et propose des mesures de soutien financier pour les femmes enceintes se trouvant dans des situations difficiles. La contraception n’est pas évoquée dans le texte.

Le document a été conçu au sein du Comité sur les affaires des familles, des femmes et des enfants auprès de la Douma d’État, avec la participation d’experts extérieurs et de représentants des confessions présentes sur le territoire russe.  « Notre conception se base sur les valeurs russes traditionnelles. Les statistiques montrent que ces valeurs, même ébranlées aujourd’hui, continuent de jouer un rôle essentiel », affirme Elena Mizoulina. Tout en précisant que le document en question n’en est qu’au stade de l’ébauche.

26 novembre 2012

Re-sacraliser le mariage ou accepter le « mariage » pour tous

 Nicolas Dupont-Aignan a déclaré ce lundi 26 novembre sur Radio Classique et Public Sénat, en fin d'entretien, que le « mariage » homosexuel ne lui pose pas problème. En revanche, au nom de l'égalité des enfant, il se veut un ferme opposant à l'adoption par les homosexuels. M. Dupont-Aignan a finalement reproché au Président Hollande de vouloir diviser les Français, alors qu'il serait possible de ménager la chèvre et le chou pour mettre tout le monde d'accord : oui au mariage gay, non à l'adoption par les duos homos ! Nous avons tous eu l'occasion d'entendre de la part de nombre de nos concitoyens la même réflexion : les homos peuvent bien se marier, ça ne regarde personne. Par contre, qu'ils laissent les enfants tranquilles. Les petits ont droit à un père et une mère.

On ne rappellera jamais assez que l'institution du mariage est l'union d'un homme et d'une femme, union dont la finalité est de fonder une famille et d'élever des enfants dans la stabilité. Il est l'institution sociale fondamentale qui règle la filiation. Toutes les autres caractéristiques que l'on peut prêter au mariage (reconnaissance de l'amour de deux êtres, etc.) ne lui sont pas propres, et ne sauraient donc le définir spécifiquement. Lorsque l'on admet cela, on comprend immédiatement que rejeter l'adoption par les duos homosexuels entraîne ipso facto le refus du « mariage » homosexuel.

Comment peut-on alors arriver à des réflexions comme celle de Dupont-Aignan ? En réalité, la projet de « mariage » homosexuel n'est que l'aboutissement d'un long processus par lequel le mariage a été complètement désacralisé : autorisation puis facilitation des divorces, contraception permettant de rendre les mariages « stériles », reconnaissance sociale de la famille monoparentale ou recomposée, primat de l'hédonisme sur l'esprit de sacrifice, etc. Tous ces éléments ont abouti à ce que, dans l'esprit de nos concitoyens, le mariage n'ait que peu à voir avec la filiation et ne soit plus qu'une sorte de grande fête lors de laquelle on déclare s'aimer pour la vie... et que l'on renouvellera plusieurs fois si besoin.

Les citoyens – et parmi eux notamment les catholiques – doivent donc comprendre qu'à long terme, le combat contre « le mariage et l'adoption pour tous » ne pourra être gagné sans un retour à la re-sacralisation sociale du mariage, avec toutes les luttes parallèles que cela implique : dénonciation des effets pervers de la contraception, remise en cause du divorce (ce qui n'exclut pas des séparations de corps parfois nécessaires), etc. Que ce combat que nous menons contre les projets du présent gouvernement soit le début d'une véritable (et sans doute longue) reconquête politique et sociale en faveur du mariage indissoluble et de la famille naturelle.

 

Henri Préhaut

Source : les échos