01.02.2008
Formation doctrinale

Le besoin d'une doctrine politique et sociale
La loi naturelle, l'ordre naturel et son fondement spirituel
A. Qu'est-ce qu'une doctrine ?
Une doctrine n'est pas un programme.
Un programme s'établit en fonction des données du moment, des circonstances, du contexte.
Une doctrine s'appuye sur les bases les plus solides et propose le respect de vérités éternelles.
Sans doctrine, on juge d'une question par appréciation de son opportunité immédiate plus que par son sens et ses conséquences profondes.
B. Le fondement même de notre doctrine repose sur la loi naturelle. l'homme n'est pas indépendant vis-à-vis du monde dans lequel il vit
. l'homme n'est pas indépendant vis-à-vis de la nature de ce monde
. ses activités doivent respecter la loi naturelle qui le pousse, par exemple, à s'organiser en société
La raison permet normalement de comprendre et d'accepter la loi naturelle. Car la loi naturelle est inspiratrice de perfectionnement dans tous les domaines : intellectuels, artistiques, moraux, matériels, physiques. C'est notamment la préférence naturelle de la beauté à la laideur, du bien au mal.
C. L'ordre naturel, aboutissement de la loi naturelle
. L'acceptation de la loi naturelle doit amener au respect d'un ordre naturel, lequel met toutes choses à leur place dans l'exact respect de toutes les valeurs.
. L'ordre naturel est celui qui découle de la nature des choses, telles qu'elles ont été créées. En tenant compte de la notion de finalité. En effet, dans la nature, on trouvera de tout, y compris les pires choses. Elles sont dans la nature mais détournées de leur finalité, elles deviennent contraires à l'ordre naturel.
. L'ordre naturel n'est pas à inventer : il existe. Il est la manifestation de la loi naturelle dans le monde. Il est l'ordre des phénomènes physiques, biologiques, physiologiques, etc, mais aussi l'ordre intellectuel, psychologique, familial, social, économique, politique, etc.
. La perversion de l'intelligence peut nier ou refuser cet ordre naturel. Mais celui-ci existera toujours.
. Ceci n'enferme pas pour autant l'homme dans un cadre rigide où il n'y aurait pour chaque problème qu'une solution. Tant que la loi naturelle est respectée, les projets de l'homme rentrent dans l'ordre naturel.
. L'ordre naturel, c'est l'état auquel doit tendre le monde pour assurer à l'homme le développement le meilleur, tant dans ses intérêts temporels que spirituels.
Ceci nous apporte :
- une conception de l'homme
- une conception de l'économie sociale
- une conception de la communauté humaine
D. Une conception de l'homme
1. Dignité de la personne humaine
. L'homme n'est pas une simple matière, une marchandise.
. L'homme exerce sur la matière et sur les êtres inférieurs (animaux, végétaux) une domination qui lui est possible de
par sa perfection relative et de par ses facultés intellectuelles.
par sa perfection relative et de par ses facultés intellectuelles.. L'homme est, dans le monde, un être transcendant. Il est maître des choses. Créature libre, l'homme est aussi maître de lui-même et responsable de ses actes. Son intelligence, sa raison, sa volonté lui permettent de réfléchir et de se gouverner. Il décide lui-même ce qu'il fait et ce qu'il ne fait pas.
. Enfin, l'homme est un être social par nature. Il n'existe pas seul, il appartient à la société humaine. Celle-ci lui procure, en échange de sa collaboration, les aides matérielles, sociales, intellectuelles qui sont nécessaires à son plein développement dans le cadre de cette société.
En dehors de toute considération spirituelle (sujet que nous évoquerons ci-après), la reconnaissance de la dignité de la personne humaine est un fait qui peut être admis par chacun. Mais qui est remis en cause par :
- le collectivisme socialo-communiste
- le capitalisme
- la technocratie
Les applications du principe de la dignité de l'être humain sont nombreux.
C'est en raison du respect de la dignité que les détenteurs des richesses, les patrons
- doivent s'interdire d'user des hommes comme de vulgaires instruments de profit;
- doivent non seulement assurer tout ce qui est nécessaire à la personne humaine pour qu'elle vive dans de bonnes conditions, mais encore lui faciliter tout ce qui permet un développement harmonieux sur le plan physique, intellectuel, social, sur le plan de la sécurité personnelle et familiale, du développement spirituel, etc.
C'est pour cette raison qu'il est juste de disposer de lois protectrices à propos
- de la famille (p.e. en protégeant l'autorité parentale contre les intrusions extérieures visant à régenter l'éducation des enfants)
- de la condition des ouvriers (p.e. en lui assurant un jour de repos obligatoire le dimanche)
- des femmes (p.e. dans la question du travail de nuit)
- des enfants (p.e. l'interdiction de faire travailler des enfants dans les usines)
- des vieillards (p.e. protection contre l'euthanasie)
2. La notion d'égalité, souvent incomprise, voire falsifiée§ Egalité de la nature humaine
Tous les hommes sont fondamentalement égaux de par leur nature. Tous, quelles que soient leurs caractéristiques physiques, intellectuelles, professionnelles, sociales, par le fait qu'ils ont la même nature humaine, en possèdent l'éminente dignité.
§ Inégalités naturelles
Mais égaux de par leur nature humaine, ils sont "naturellement" inégaux
. physiquement
. intellectuellement
On ne peut renverser cet ordre naturel sans que la nature elle-même ne le rétablisse en permanence.
§ Diversité des talents
Tout le monde n'a pas la capacité identique. L'artisan, le comptable, le pianiste, le chirurgien, ont des capacités différentes et ces inégalités sont utiles et bienfaisantes.
§ Inégalités sociales
Elles sont visibles dans la possession des biens de l'esprit (culture), de la fortune, des positions sociales.
L'ordre naturel commande qu'à cette possession "inégale" correspondent des devoirs "inégaux". Il en résulte une hiérarchie dans le SERVIR. A de plus grandes facultés, de plus grands devoirs. Ces inégalités ne doivent pas supprimer la possibilité pour chacun de se développer et de s'élever.
§ Inégalités résultant des fautes des hommes
Certaines inégalités ne sont pas naturelles mais sont dues à l'inobservation des règles de justice et de charité, aux abus, tractations illicites, chantages, taux usuraires, etc.
3. L'homme est sujet, et non objet
De par la dignité de sa personne, l'homme ne peut pas être exploité comme une machine. De droit, l'homme n'est pas un objet, c'est un sujet. Il est sujet de la vie sociale. La société est faite pour lui.
Parmi les implications, cela permet de comprendre pourquoi l'ordre naturel s'oppose tant au collectivisme socialo-communiste qu'au matérialisme capitaliste et doit mener à une économie basée sur la justice sociale où l'homme n'est pas sacrifié pour le seul profit financier.
La société est faite pour l'homme et non l'homme pour la société.
E. L'ordre naturel a pour fondement un principe spirituelLa doctrine politique et sociale découlant de l'ordre naturel puise sa valeur, sa force, son absolu, son caractère unique dans des données spirituelles qui dépassent l'homme.
Cette acceptation, cette compréhension du fondement spirituel de l'odre naturel permet de situer l'homme à sa vraie place, non plus seulement dans la société, mais dans la création.
Des non-croyants pourront se référer à l'ordre naturel. Mais pour nous catholiques, il est important de comprendre que l'ordre naturel est lié à la notion de Dieu créateur. Il nous faut remettre tout cela dans le contexte de la finalité de l'homme.
La notion du Bien et du Mal relève du simple bon sens puisque la nature même rend évidentes les conséquences qui résultent du respect du bien ou de l'abandon au mal. Mais il y a plus. Il y a l'approbation ou la réprobation intuitivement ressentie qui fait apparaître la conscience face à une morale qui est l'expression d'une autorité dépassant tout : Dieu.
L'ordre naturel tient sa raison d'être de l'Être par excellence qui l'a voulu, le Dieu créateur qui seul l'explique. Tout est subordonné à ce Dieu. Il est au-dessus de tout. L'homme a des devoirs à son égard et à l'égard de l'ordre qu'Il a établi.
La valeur de la doctrine politique et sociale basée sur l'ordre naturel se trouve singulièrement renforcée par la réalité de Dieu au sein de cet ordre naturel.
Il faut maintenant avoir une conscience complète de la façon de résoudre les problèmes politiques et sociaux. Car la société est un moyen mis à la disposition de l'homme pour arriver à sa Fin. Or la Fin de l'homme dépasse le cadre de l'ordre naturel; cette Fin est d'ordre surnaturel.
Naturel et Surnaturel, tout en étant distincts, sont intimement liés. L'ordre surnaturel élève le naturel; il l'éclaire et lui donne le maximum de possibilités pour s'accomplir.
C'est pourquoi l'enseignement précis venu de Dieu est si important pour bien comprendre et donc bien exprimer les principes de base de toute action politique et sociale.
Dieu a révélé son enseignement et cet enseignement nous est transmis par l'Eglise, instituée par le Christ, fondée par ses apôtres. C'est pourquoi on parlera ensuite de la Doctrine sociale de l'Eglise basée sur les encycliques des souverains pontifes.
"La loi naturelle, voilà le fondement sur lequel repose la doctrine sociale de l'Eglise." (Pie XII, 25 septembre 1949)
La doctrine catholique vous donne le vrai moyen d'agir pour le bien des hommes.
Elle est applicable par n'importe qui, y compris par ceux qui n'ont pas la Foi.
13:55 Publié dans Formation doctrinale | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : France, Civitas, ordre naturel, lois naturelles, catholique


