23 octobre 2009
Civitas reçoit le président du Mouvement Catholique des Familles pour une entrevue
Nous recevons cette semaine le général Legrier, président du Mouvement Catholique des Familles, pour un entretien traitant de la loi sur le travail dominical. Celui-ci permet de poser le débat et d’envisager cette épineuse question sous l’angle familial, trop souvent oublié à notre goût. Nous le remercions d’avoir bien voulu répondre à nos questions.
INSTITUT CIVITAS : La loi sur le travail dominical ne permettra-t-elle pas, finalement, aux membres d’une même famille de se retrouver le dimanche dans le but de faire des courses tous ensemble ?
François LEGRIER: Oui, sans doute, à condition qu’aucun membre de la famille ne soit au travail ce jour là. On peut imaginer un grand moment d’émotion quand papa et les enfants passeront à la caisse derrière laquelle travaille maman ; plus le chariot sera rempli, plus l’instant durera… Faire les courses tous ensemble, pourquoi pas, mais pourquoi le dimanche ?
IC : Dans le même ordre d’idée, un père ou une mère de famille ne gagneraient-ils pas davantage d’argent en travaillant le dimanche ? Ainsi ne seront-ils plus à même de faire plaisir à leur famille en dépensant plus pour elle ?
FL : La famille a besoin d’un revenu pour vivre ; pour autant le revenu n’est pas son seul besoin et dépenser plus n’apporte pas forcément plus de bonheur. Les enfants les plus gâtés ne sont pas les plus heureux ! Le lien de la famille, c’est l’amour réciproque, des parents entre eux et avec leurs enfants. Entretenir cet amour suppose un peu de temps à consacrer à son conjoint, à ses enfants. Le repos dominical en donne la possibilité.
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| Tags : mcf, mouvement catholique des familles, civitas, loi mallié, travail dominical, repos dominical |
11 mars 2009
Rester Catholiques et Français toujours
Madame,Mademoiselle,
Monsieur ,
Désigné depuis le 1er février 2009 comme le nouveau secrétaire général de l’Institut Civitas, je me permets de m’adresser directement à vous, comme à toutes celles et tous ceux qui désirent véritablement rester Catholiques et Français toujours.
Dressons d’abord ensemble le bilan de quelques faits bien connus : récession économique, précarité de l’emploi, justice laxiste, incapacité à maintenir l’ordre public, immigration incontrôlée, islamisation galopante, système éducatif en faillite, politique « familiale » contre-nature, multiplication des communautarismes, démographie catastrophique, éthique mortifère, etc.
Le parallèle est frappant : la crise de l’Eglise et la déchristianisation de la France ont entraîné le déclin de la Nation française. Mais quelle nation autrefois chrétienne pourrait prétendre aujourd'hui ne pas connaître les mêmes maux et les mêmes effets ?
Regardons ensuite deux faits d’actualité.
Du point de vue religieux, nous assistons depuis fin janvier à une offensive particulièrement hargneuse des adversaires de la foi catholique.
Du point de vue politique, nous constatons un émiettement de la mouvance de droite nationale.
Loin de nous décourager, ces faits nous permettent de clarifier certains aspects.
Tout d’abord, remarquons qu’il n‘y a rien à attendre de la politique si celle-ci n’est pas soumise à Dieu.
Ensuite, gageons que si la tradition catholique suscite le déferlement d’hostilité que l’on sait, c’est parce que les zélateurs du désordre moral et sociétal y reconnaissent le seul authentique rempart qui s’oppose à leurs néfastes desseins.
Dans ce contexte, la raison d’être de l’Institut Civitas n’a jamais été aussi pertinente : former les catholiques à la doctrine sociale de l’Eglise et les aider à appliquer cette doctrine sociale de l’Eglise dans la Cité.
Pour relever la France, ce n’est pas d’idéologies politiques éphémères dont il est besoin, mais d’une doctrine pérenne qui fasse régner le bien commun en même temps que le Christ-Roi.
Avec votre aide, je souhaite mener l’Institut Civitas à la pointe de la bataille pour faire entendre la voix des catholiques en politique.
Sans cela, tôt ou tard, tous vos efforts déployés pour préserver vos familles, développer les bonnes écoles, vivre en bons catholiques, seront balayés par des lois écrites et votées par les partisans d’une France ténébreuse.
L’Institut Civitas propose une recette simple mais efficace. Vous former pour agir. Agir pour le règne du Christ-Roi.
Et pour ce faire, nous lançons un appel à la reconquête du pouvoir local. C'est à l'échelon local qu'il nous faut commencer à œuvrer. En nous organisant de façon à influencer la vie culturelle, associative et politique des municipalités. Voilà un objectif qui, sans être démesuré, offre de nombreuses perspectives intéressantes, notamment dans les petites communes. Veut-on préserver les églises et le patrimoine, freiner la construction de mosquées surmontées de minarets, faciliter la vie de bonnes écoles, empêcher la tenue de mauvaises expositions ou de mauvais spectacles, se préserver de la vue de panneaux publicitaires immoraux, doter la police municipale de moyens destinés à assurer l'ordre public, favoriser le développement du commerce, de l'artisanat et des petites entreprises, organiser une vie culturell e axée vers le beau et élevant l'âme,..., veut-on tout cela ? C'est alors dans la vie locale qu'il faut nous investir. C'est en y reconstruisant un tissu naturel favorisant le bien commun que nous rétablirons les bases nécessaires à la restauration d'une France catholique.
Dès le mois de mars, entamons ensemble un tour de France pour propager ce projet. Avec votre aide, organisons-nous pour que des délégués de l'Institut Civitas puissent sillonner les différentes régions de France et susciter l'émergence d'innombrables antennes locales.
Et laissons là les défaitistes. Notre-Seigneur Jésus-Christ peut tout. Que ceux qui aspirent véritablement à Son règne prient et agissent en conséquence, sans compter, sans chercher le repos, mais avec pour seul souci d’accomplir Sa sainte volonté.
Alain Escada,
secrétaire général de l'Institut Civitas,
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Quelques exemples des activités de Civitas :
Sans remonter plus en arrière que janvier 2009,
. le 25 janvier, Civitas a participé de façon conséquente à la Marche pour la Vie à Paris
http://francejeunessecivitas.hautetfort.com/album/marche-...
. le 31 janvier, Civitas a organisé un colloque à Paris sur le thème : « La Cité selon Pie XII »
http://www.civitas-institut.com/content/view/524/1/
. les 21 et 22 février, France Jeunesse Civitas (la branche de l’Institut Civitas destinée aux jeunes gens) organisait une session de formation à Châteauroux (Indre) sur le thème : « Savoir et Agir ».
http://francejeunessecivitas.hautetfort.com/archive/2009/...
Et nous avons quantité de projets pour les prochains mois, tous destinés à contribuer à propager nos valeurs à travers toutes les régions de France.
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Comment nous aider ?
- En adhérant à Civitas.
Ce geste, chacun ou presque peut le faire. Et ce sont les petits ruisseaux qui forment les grandes rivières.
J'adhère à l'Institut Civitas et verse pour l'année une cotisation :
normale : 10 €
militante : 30 €
de soutien : 50 €
J'adhère à France Jeunesse Civitas et verse pour l'année une cotisation :
normale : 5 €
militante : 15 €
- En s’abonnant à la revue Civitas.
Je m'abonne pour un an à la revue trimestrielle Civitas : 20 €
- En faisant un don à Civitas.
Vous êtes assujetti à l’impôt sur revenu ? La loi vous accorde une réduction de 66% du montant de votre don (article 200 du CGI). Pour un don de 1.000 euros, la réduction d’impôt est de 660 euros et votre contribution personnelle n’est que de 340 euros. Votre don est donc multiplié par trois !
Les dons consentis par les entreprises font l’objet d’une réduction de 60% (article 238 bis du CGI).
Nos seuls moyens financiers proviennent de votre générosité.
- En organisant une réunion d’information au cours de laquelle un responsable de Civitas présentera l’Institut Civitas, ses objectifs et ses méthodes.
Vous pouvez à ce sujet contacter directement notre secrétariat (20 place de la Chapelle à 75018 Paris, secretariat@civitas-institut.com , 01.34.11.16.94).
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03 septembre 2008
hommage à Soljenitsyne
MARTYRS VENDÉENS ET MARTYRS RUSSES
Les Lucs-sur-Boulogne
Alexandre Soljenitsyne
Pour rendre un hommage supplémentaire à Alexandre Soljenitsyne, nous publions son discours prononcé lors de l’inauguration, le samedi 25 septembre 1993, du mémorial des Lucs-sur-Boulogne :
« Il y a deux tiers de siècle, l’enfant que j’étais lisait déjà avec admiration dans les livres les récits évoquant le soulèvement de la Vendée, si courageux et si désespéré, mais jamais je n’aurai pu imaginer, fut-ce en rêve, que sur mes vieux jours j’aurais l’honneur de participer à l’inauguration du monument en l’honneur des héros et des victimes de ce soulèvement.
« Vingt décennies se sont écoulées depuis, des décennies diverses selon les divers pays, et non seulement en France, mais aussi ailleurs, le soulèvement vendéen et sa répression sanglante ont reçu des éclairages constamment renouvelés. Car les évènements historiques ne sont jamais compris pleinement dans l’incandescence des passions qui les accompagnent, mais à une bonne distance, une fois refroidis par le temps. Longtemps on a refusé d’entendre et d’accepter ce qui avait été crié par la bouche de ceux qui périssaient, que l’on brûlait vifs les paysans d’une contrée laborieuse pour lesquels la Révolution semblait avoir été faite, mais que cette même Révolution opprima et humilia jusqu’à la dernière extrémité, eh ! bien oui, ces paysans se révoltèrent contre elle.
« Que toute révolution déchaîne chez les hommes les instincts de la plus élémentaire barbarie, les forces opaques de l’envie, de la rapacité et de la haine, cela, les contemporains l’avaient bien perçu. Ils payèrent un trop lourd tribut à la psychose générale, lorsque le fait de se comporter en homme politiquement modéré, ou même seulement de le paraître, passait déjà pour un crime.
« C’est le vingtième siècle qui a considérablement terni aux yeux de l’humanité l’auréole romantique qui entourait la révolution au dix-neuvième siècle. De
« Le mot révolution lui-même -du latin revolvo- signifie rouler en arrière, revenir, éprouver à nouveau, rallumer, dans le meilleur des cas mettre sens dessus-dessous, une kyrielle de significations peu viables. De nos jours, si de par le monde on accole à quelque révolution l’épithète de “grande”, on ne le fait plus qu’avec circonspection, et bien souvent avec beaucoup d’amertume. Désormais, nous comprenons toujours mieux que l’effet social que nous désirons si ardemment peut être obtenu par le biais d’un développement évolutif normal avec infiniment moins de pertes, sans sauvagerie généralisée. Il faut savoir améliorer avec patience ce que nous offre chaque aujourd’hui. Et il serait bien vain d’espérer que la révolution puisse régénérer la nature humaine. Or, c’est ce que votre Révolution, et tout particulièrement la nôtre, la révolution russe, avaient tellement espéré.
«La Révolution française s’est déroulée au nom d’un slogan intrinsèquement contradictoire, et irréalisable : “Liberté, égalité, fraternité”. Mais dans la vie sociale, liberté et égalité tendent à s’exclure mutuellement, sont antagoniques : car la liberté détruit l’égalité sociale, c’est même là un des rôles de la liberté, tandis que l’égalité restreint la liberté, car autrement on ne saurait y atteindre. Quant à la fraternité, elle n’est pas de leur famille, ce n’est qu’un aventureux ajout au slogan : ce ne sont pas des dispositions sociales qui font la vraie fraternité, elle est d’ordre spirituel. Au surplus, à ce slogan ternaire on ajoutait sur le ton de la menace : “ou la mort”, ce qui en détruisait toute la signification.
«Jamais, à aucun pays, je ne pourrais souhaiter de “grande révolution”. Si la Révolution du XVIIIème siècle n’a pas entraîné la ruine de la France, c’est uniquement parce qu’à eu lieu le Thermidor. La révolution russe n’a pas connu de Thermidor qui ait su l’arrêter, et sans dévier, elle a entraîné notre peuple jusqu’au bout, jusqu’au gouffre, jusqu’à l’abîme de la perdition. Je regrette qu’il n’y ait pas ici d’orateurs qui puissent ajouter ce que l’expérience leur à appris au fin fond de la Chine, du Cambodge, du Vietnam, nous dire quel prix ils ont payés, eux, pour la révolution.
« L’expérience de la Révolution française aurait dû suffire pour que nos organisateurs rationalistes du “bonheur du peuple” en tirent des leçons. Mais non ! En Russie, tout s’est déroulé de façon pire encore, et à une échelle incomparable. De nombreux procédés cruels de la Révolution française ont été docilement réappliqués sur le corps de la Russie par les communistes léniniens et par les spécialistes internationalistes, seuls leur degré d’organisation et leur caractère systématique ont largement dépassé ceux des Jacobins.
« Nous n’avons pas eu de Thermidor mais -et nous pouvons en être fier dans notre âme et conscience- nous avons eu notre Vendée, et même plus d’une. Ce sont les grands soulèvements paysans, celui de Tambov en 1920-21, de la Sibérie occidentale en 1921. Un épisode bien connu : des foules de paysans en chaussures de tille (écorce de bouleau), armés de bâtons et de fourches ont marché sur Tambov, au son des cloches des églises avoisinantes, pour être fauchés par les mitrailleuses. Le soulèvement de Tambov s’est maintenu pendant onze mois, bien que les communistes, en le réprimant, aient pris en otage les familles des révoltés et qu’ils fusent à deux doigts d’employer les gaz toxiques. Nous avons connu aussi une résistance farouche au bolchevisme chez les Cosaques de l’Oural, du Don, du Kouban, de Tersk, étouffée dans des torrents de sang, un véritable génocide.
« En inaugurant aujourd’hui le mémorial de votre héroïque Vendée, ma vue se dédouble : je vois en pensée les monuments qui vont être érigés un jour en Russie, témoins de notre résistance russe au déferlement de la horde communiste.
« Nous avons traversé ensemble avec vous le vingtième siècle, de part en part un siècle de terreur, effroyable couronnement de ce progrès auquel on avait tant rêvé au dix-huitième siècle. Aujourd’hui, je le pense, Les Français seront de plus en plus nombreux à mieux comprendre, à mieux estimer, à garder avec fierté dans leur mémoire la résistance et le sacrifice de la Vendée ».
(Extrait de « La peste et le choléra – Marx, Hitler et leurs héritiers », F.M Algoud & D.Dutonnerre, Éditions de Chiré B.P.1 86190 CHIRÉ-EN-MONTREUIL)
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22 janvier 2008
Discours prononcé par Alain Escada avant le départ de la Marche pour la Vie
Chers amis français,
Schmitt, cette jeune fille qui, si elle n'avait été odieusement assassinée, serait sans doute des nôtres aujourd'hui.
19:00 Publié dans Avortement, Discours | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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04 janvier 2008
Elections municipales et devoir de catholique
Chers fidèles,
Combien de fois avons-nous écouté le magnifique sermon que Monseigneur Lefebvre prononça lors de son jubilé sacerdotal? Qui d’entre nous n’a pas été frappé par cette vibrante apologie de l’efficacité de la messe dont Monseigneur nous raconte comment il l’a vue, en Afrique, opérant des merveilles dans les cœurs et dans les sociétés? Ce sermon s’achève par un appel solennel à la croisade pour que le Christ-Roi, à nouveau, règne sur nos pays.
C’est à cette occasion que Monseigneur s’est adressé aux chefs de famille en des termes justement demeurés célèbres :
« Vous avez une grave responsabilité dans votre pays. Vous n’avez pas le droit de laisser votre pays envahi par le socialisme et le communisme. Vous n’en avez pas le droit ou vous n’êtes plus catholiques. Vous devez militer au moment des élections pour avoir des maires catholiques. (…) Chefs de famille, c’est vous qui êtes responsables de cela, pour vos enfants, pour les générations qui viennent. Vous devriez vous organiser, vous réunir, vous entendre pour arriver à ce que la France redevienne chrétienne, redevienne catholique… ».
Trente ans se sont écoulés depuis cette solennelle mise en demeure pontificale. Où en sommes-nous cependant de la réponse que nous lui avons donnée? Qu’avons-nous fait de ces paroles?
Certes, nous n’avons pas perdu notre temps ! Le combat de la messe, la construction et l’aménagement des chapelles, des prieurés et des écoles étaient de première nécessité et ont demandé d’immenses énergies. Il faut saluer la vigueur avec laquelle cette première lutte a été menée ainsi que les magnifiques résultats effectivement produits par la messe au milieu de ces ruines et de ces décombres.
Si notre but est bien de continuer à étendre ce maillage et d’enraciner toujours plus profondément notre œuvre d’Eglise en France, comment ne pas nous préoccuper aussi et ne pas nous inquiéter en même temps de constater que le nombre d’hommes vraiment catholiques, fermement décidés à agir comme tels, même dans les simples municipalités, ne cesse de diminuer ? Il faut bien admettre que la conservation ou la résurrection de notre petit tissu de chrétienté n’a pas été accompagnée par un effort nettement, résolument catholique, d’action politique.
Notre fondateur pouvait-il cependant être plus explicite pour exprimer sa ferme volonté qu’en parlant aussi
sévèrement :
« Vous n’avez pas le droit de laisser votre pays envahi par le socialisme et le communisme. Vous n’en avez pas le droit ou vous n’êtes plus catholiques. Vous devez militer au moment des élections pour avoir des maires catholiques…» ?
Il ne faut pas se voiler la face : le constat est là, terrible. Lors des dernières élections présidentielles pas une seule fois le nom de Dieu n’a été prononcé; ne parlons même pas de celui de Notre-Seigneur : il est banni des discours des candidats à la présidence. Notre pays n’a rien à envier aux républiques communistes à l’athéisme militant.
Dans quelques mois auront lieu les élections municipales et sans doute verrons-nous les musulmans pénétrer en force dans les conseils municipaux. C’est le nom d’un autre « Dieu » qui commencera à être prononcé par de nouveaux élus moins timorés. Les catholiques se lamenteront devant une si triste situation..
Est-il donc impossible que certains de nos meilleurs fidèles essaient de se lancer dans le combat politique local ? Ou pensons-nous que l’avertissement de Monseigneur Lefebvre est irréalisable et que ce vœu pieux, après avoir été religieusement écouté, est destiné à demeurer indéfiniment lettre morte ? Ou cette action est-elle dédaignée parce qu’elle nous paraît trop modeste? En ce dernier cas, il serait alors plus honnête de cesser de faire passer l’enregistrement de ce sermon…
S’investir dans l’administration des communes, dont la grande majorité est de petite taille, est une action politique vraiment réalisable, utile et formatrice pour apprendre le métier politique. Il existe encore un certain nombre d’élus municipaux catholiques qui se trouvent en place. Leur nombre ne cesse cependant de diminuer de telle manière que l’on peut réellement craindre, sans notre soutien et nos encouragements, que l’on finisse par voir disparaître les derniers.
Il faut que nous inspirions aux catholiques la volonté de ne plus rien lâcher du terrain et des positions qu’il leur reste et, avec la grâce de Dieu, qu’ils aient la volonté d’en conquérir ou d’en reconquérir de nouvelles, aussi modestes qu’elles soient. Ne croyons pas que cet investissement soit de peu d’utilité. Nous en connaissons encore, certains de ces élus municipaux catholiques, qui font un bien véritable dans leur commune : leur seule présence au conseil municipal suffit déjà pour qu’on ne parle plus de la religion avec le mépris qu’il est de bon ton d’adopter aujourd’hui ; l’affichage sauvage de publicités immorales est évité et, si le prieuré ou une chapelle se trouvent sur le terrain de cette municipalité, les relations avec la commune s’en trouvent souvent bien facilitées.
On dira peut-être que ce n’est pas grand-chose : c’est pourtant déjà un premier effet, même s’il demeure encore faible, de l’action de Notre-Seigneur dans la cité. Si d’autres catholiques y sont élus, pourquoi cette influence n’augmenterait-t-elle pas davantage ? Et si l’un de ces élus devient maire ?
Faut-il compter pour rien que certains maires soient allés jusqu’à consacrer leurs villages au Sacré-Cœur ? Nul besoin de devoir rentrer dans un parti politique pour accomplir cette besogne dans sa commune. Et, s’il finissait par y avoir une centaine de maires en France, catholiques convaincus, adeptes réguliers des Exercices, reconnus de la population locale pour leurs qualités, cela n’aurait-il aucun poids pour l’avenir ?
Nous pensons que, dans de nombreuses municipalités, quelques catholiques, convaincus, généreux, ne comptant ni leur peine ni leur temps, peuvent véritablement coopérer au règne du Christ Roi, petitement et imparfaitement sans doute, mais d’une manière réelle et efficace.
Bien sûr, l’action politique locale que nous préconisons ne transformera pas d’un seul coup notre société laïque en société chrétienne. Mais tout est possible à Dieu. Cette action sera longue, très longue avant de porter des fruits et d'aboutir à une influence réelle sur les destinées du pays. Elle donnera l’habitude de la chose politique, des rouages de l’administration, des pièges à éviter et des difficultés à surmonter. Elle préparera les meilleurs à des fonctions plus hautes si telle est la volonté de Dieu. Petit à petit, d'un simple mandat local, certains pourront être appelés à des responsabilités plus importantes avec une influence qui pourra être réelle dans la mesure elle est le fruit d’un enracinement sur le terrain.
Ne rien faire, « se retirer sous sa tente », attendre un hypothétique grand monarque et chercher à ne protéger que sa famille et sa chapelle sont des comportements qui annoncent la mort. Nos ennemis cherchent à effacer jusqu’au souvenir de la Fille aînée de l’Eglise, et, s’ils ne peuvent encore y arriver entièrement aujourd’hui, demain, si les catholiques finissent d’abandonner ce terrain, ce seront nos écoles, nos prieurés, nos familles qui seront menacés de disparition. Devons-nous nous laisser éliminer sans combattre ? Ce serait oublier la belle histoire des Maccabées.
Aussi j'encourage les hommes pieux, instruits, courageux et habiles à mener ce combat des élections municipales prochaines. Apprenez aussi à connaître les élus catholiques qui, dans votre région, mènent ce combat afin de les soutenir.
Nous cherchons, quant à nous, à vous apporter le soutien spirituel pour que vous teniez bon dans ce combat et nous voulons vous apporter l’éclairage que procure la formation à la doctrine de l’Église qui est la seule charte de combat d’un catholique dans la cité.
Nous ne nous reconnaissons dans aucun parti et nous ne sommes d’aucun parti sinon du parti de Notre-Seigneur. Nous sommes persuadés que « le suffrage universel est le mensonge universel » et que la reconquête de notre pays à Notre-Seigneur ne viendra pas de l’addition des bulletins dans les urnes.
Voilà pourquoi, nous affirmons nos préférences pour le combat politique local où les méfaits du suffrage universel sont atténués par la plus grande connaissance que l’on a des hommes, des nécessités et des intérêts locaux.
Je vous souhaite, dans cette perspective, une bonne et sainte année 2008 dans le Coeur Douloureux et Immaculé de Marie.
Abbé Régis de Cacqueray-Valménier, Supérieur du District de France
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13 août 2007
Quel est notre rôle dans la Cité ?
Extrait du discours prononcé par M. l'Abbé de Cacqueray le 19 VI 2007
L’on a trop souvent vu les clercs à travers les temps et plus particulièrement depuis quelques décades, se croire investis d’une mission politique et vouloir faire l’éducation politique de leurs ouailles. C’est la raison pour laquelle au lendemain des élections en notre pays, je me garderai bien de vous proposer un commentaire de cette nouvelle oscillation politicienne où la vague bleue l’a emporté sur le champ des roses.
Pourtant, nous ne pensons pas que cette vague, que l’on nous dit être bleue, pourra laver notre sol de ses péchés et de ses turpitudes. Etant sale en elle-même, elle n’a pas la puissance de rafraîchir, de renouveler et de rajeunir. C’est peut-être bien une vague, mais elle se trouve au fond d’un égout ; c’est pourquoi la solution politique de notre pays ne sera pas trouvée tant que l’on s’obstinera à penser qu’elle peut provenir d’un va et vient tantôt bleu, tantôt rose.
Mais il ne nous vient pas à l’idée, parce que notre pays se trouve englué dans cette sentine, de nous en désintéresser ni d’attendre qu’il soit retiré du croupissement où il se trouve, par l’effet de nos seules prières ni même par un miracle de Dieu. Bien sûr, Dieu peut faire un miracle s’il le souhaite, mais ce miracle demeure un moyen extraordinaire qui ne saurait nous dispenser d’œuvrer sur nos créneaux.
Il ne faut donc pas nous indigner, si la France baigne dans un tel cloaque, que ceux qui n’ont pas encore désespéré du salut politique de notre pays, aient parfois du mal à ne pas être imprégnés d’odeurs nauséabondes. Puisque nous vivons sur cette terre, nous sommes bien obligés d’en fouler le sol ; ce serait donc un rêve que d’imaginer y vivre sans nous préoccuper de nos campagnes et de nos cités et ce n’est pas parce que l’air y est empesté qu’il faut pour cela que nous nous arrêtions de respirer. L’homme est un animal politique et il est impossible à celui qui vit sur la terre d’échapper à la situation concrète telle qu’elle est, si peu reluisante qu’elle soit.
L’orientation essentielle de cette politique est d’établir le règne de Notre Seigneur, pas seulement dans les sacristies ni au fond des âmes, mais aussi très réellement dans nos campagnes, nos cités et sur tout notre pays. Tout est à Lui. Qui a donc le droit de retirer quelque chose à Son empire et comment le monde peut-il tourner s’il ne Le reconnaît pas comme le seul axe valable ?
En matière de politique, la France possède la gloire d’une espérance incarnée de la façon la plus sublime par sainte Jeanne d’Arc. Nous ne perdrons jamais notre temps à réfléchir ni à tirer les leçons de l’exemple qu’elle nous a laissé et ce serait commettre un contre sens désastreux de ne voir dans sa mission, qu’une chevauchée éthérée où les murailles tombent d’elles-mêmes, où les anglais cessent d’être les excellents combattants qu’ils sont et où la reconquête du sol français se produit la fleur au fusil.
La spiritualité de Jeanne ne consistait pas à croire Dieu tellement puissant qu’il eût fallu tout lui laisser faire et le regarder agir en se croisant les bras. Bien au contraire, elle a enfourché un véritable destrier, s’est fait donner une véritable épée et elle a payé de sa personne : au siège de Paris sa cuisse est traversée par un trait d’arbalète ; à Jargeau, elle tombe sous le poids d’une pierre lancée du haut des remparts ; à Orléans, un premier trait d’arbalète la traverse du sein à l’aisselle. Elle paye de sa personne et de sa chair jusqu’aux flammes du bûcher.
Elle a dû vaincre les tendresses familiales et laisser sa mère filer la laine,
S’arracher aux siens pour obéir à l’appel de la mission divine,
Partir pour suivre ses voix contre la sagesse de tous les sages,
Partir contre toutes convenances au milieu des soldats,
Habillée en homme, dût-elle être moquée et condamnée,
Passer outre au dessus des juristes, des diplomates et des clercs !
Faire fi de la médiocrité de bien des hommes,
Braver les autorités, chanceliers ou capitaines,
Menacer un roi étranger, attaquer ses troupes, forcer ses bastilles,
Lui enlever des villes,
Remonter le moral de tout un peuple abattu par la défaite,
Imposer le respect de Dieu à l’armée et le sacre de Reims aux politiques,
Vaincre l’inertie du roi et le persuader de sa légitimité,
Aller malgré l’intrigue et la trahison,
Accepter les prisons, la calomnie, le calvaire moral,
Toujours résistant à l’imposture, à 17 ans.
Pour servir Dieu d’abord, à temps et à contre temps.
L’inspiration divine qui était si manifestement présente en elle, n’a pas épargné les transpirations de l’âme et du corps. Nous autres, qui sommes si loin de ce souffle divin, nous ne croyons plus aux vertus de l’inspiration qui a instruite Jeanne du chemin à parcourir ni même aux nécessités des transpirations de l’âme et du corps, pour que triomphe cette inspiration. Et que nous manque-t-il donc ? Précisément il nous manque l’inspiration et la transpiration.
Il nous manque l’inspiration qui est pourtant bien donnée par Dieu à ceux qui l’écoutent et qui sont prêts à le suivre à travers toutes les chevauchées et toutes les cavales de l’âme et du corps qu’il exigera. Cette inspiration ne manquera pas de produire la vraie respiration de l’âme que l’on renouvelle dans la fidélité quotidienne à la prière, à la recherche studieuse de la vérité, aux Exercices Spirituels de saint Ignace qui retrempent les âmes.
Il nous manque la transpiration, l’effort que l’on maintient, qui ne se couche pas dans les adversités, qui ne désespère pas dans les défaites, qui sait que le combat selon le mot de Jeanne est le combat d’aujourd’hui et qu’il vaut mieux « aujourd’hui que demain et demain que plus tard ».
Mais me direz-vous, en ce qui concerne la France et la question politique, que nous faut-il faire concrètement ? Il nous faut freiner la descente et la déchéance.
D’abord par la prière : elle doit être omniprésente dans notre vie parce qu’elle soutient notre pureté d’intention dans l’action ; elle nous tourne vers le Sacré Cœur pour Lui consacrer tout ce que l’on arrive encore à Lui consacrer de tissu social.
Ensuite, par l’utilisation de tous les moyens légaux qui sont à notre disposition, mais sans nous bercer d’illusion sur ces moyens. Aussi, dans cette intention, mes encouragements vont-ils à tous les catholiques qui œuvrent courageusement dans la cité pour défendre les vestiges d’ordre qui subsistent encore et cherchent à reconstruire ce qui peut encore l’être.
Abbé de Cacqueray
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