22.01.2008

Discours prononcé par Alain Escada avant le départ de la Marche pour la Vie

a0977137c81c78c3c33b3ecf1e9d938c.jpgChers amis français,
 
Aujourd'hui, l'Europe se meure faute de naissances en suffisance pour renouveler sa population.
Ceux-là même qui ont promulgué les lois autorisant l'avortement reconnaissent cette inquiétante réalité démographique et proposent comme seul remède un recours permanent à l'immigration alors que la solution évidente est en nous, ici et non ailleurs, et consiste à remettre à nouveau la Famille à l'honneur.
 
Chers amis français,
 
A quelques instants du départ de cette manifestation pour la Vie, je ne peux m'empêcher de songer à Anne-Lorraine080d27b0aab462467f35e83f70f47022.jpg Schmitt, cette jeune fille qui, si elle n'avait été odieusement assassinée, serait sans doute des nôtres aujourd'hui.
Et nous sommes en droit de nous poser des questions sur la santé mentale de cette société qui se gargarise d'avoir supprimé la peine de mort pour les criminels et qui, parallèlement, chaque année, organise la mise à mort de centaines de milliers d'enfants dans le ventre de leur mère.
 
Aujourd'hui, jeunes filles et jeunes garçons de France, vous êtes des milliers à rejoindre cette manifestation.
N'oubliez pas que vous êtes la jeunesse du pays réel.
Déployez-vous, agitez vos bannières et calicots, donnez de la voix.
Aujourd'hui, la jeunesse du pays réel est dans la rue; elle doit se faire entendre du pays légal !

04.01.2008

Elections municipales et devoir de catholique

7160d1e481024c9f24488ac36c7332e7.jpgChers fidèles,

Combien de fois avons-nous écouté le magnifique sermon que Monseigneur Lefebvre prononça lors de son jubilé sacerdotal? Qui d’entre nous n’a pas été frappé par cette vibrante apologie de l’efficacité de la messe dont Monseigneur nous raconte comment il l’a vue, en Afrique, opérant des merveilles dans les cœurs et dans les sociétés? Ce sermon s’achève par un appel solennel à la croisade pour que le Christ-Roi, à nouveau, règne sur nos pays. 

C’est à cette occasion que Monseigneur s’est adressé aux chefs de famille en des termes justement demeurés célèbres :

« Vous avez une grave responsabilité dans votre pays. Vous n’avez pas le droit de laisser votre pays envahi par le socialisme et le communisme. Vous n’en avez pas le droit ou vous n’êtes plus catholiques. Vous devez militer au moment des élections pour avoir des maires catholiques. (…) Chefs de famille, c’est vous qui êtes responsables de cela, pour vos enfants, pour les générations qui viennent. Vous devriez vous organiser, vous réunir, vous entendre pour arriver à ce que la France redevienne chrétienne, redevienne catholique…  ».

Trente ans se sont écoulés depuis cette solennelle mise en demeure pontificale. Où en sommes-nous cependant de la réponse que nous lui avons donnée? Qu’avons-nous fait de ces paroles?

Certes, nous n’avons pas perdu notre temps ! Le combat de la messe, la construction et l’aménagement des chapelles, des prieurés et des écoles étaient de première nécessité et ont demandé d’immenses énergies. Il faut saluer la vigueur avec laquelle cette première lutte a été menée ainsi que les magnifiques résultats effectivement produits par la messe au milieu de ces ruines et de ces décombres.

Si notre but est bien de continuer à étendre ce maillage et d’enraciner toujours plus profondément notre œuvre d’Eglise en France, comment ne pas nous préoccuper aussi et ne pas nous inquiéter en même temps de constater que le nombre d’hommes vraiment catholiques, fermement décidés à agir comme tels, même dans les simples municipalités, ne cesse de diminuer ? Il faut bien admettre que la conservation ou la résurrection de notre petit tissu de chrétienté n’a pas été accompagnée par un effort nettement, résolument catholique, d’action politique.

Notre fondateur pouvait-il cependant être plus explicite pour exprimer sa ferme volonté qu’en parlant aussi2a223653eac20ba7b29d25dc576773fc.jpg sévèrement :

 «  Vous n’avez pas le droit de laisser votre pays envahi par le socialisme et le communisme. Vous n’en avez pas le droit ou vous n’êtes plus catholiques. Vous devez militer au moment des élections pour avoir des maires catholiques…» ?

Il ne faut pas se voiler la face : le constat est là, terrible. Lors des dernières élections présidentielles pas une seule fois le nom de Dieu n’a été prononcé; ne parlons même pas de celui de Notre-Seigneur : il est banni des discours des candidats à la présidence. Notre pays n’a rien à envier aux républiques communistes à l’athéisme militant.

Dans quelques mois auront lieu les élections municipales et sans doute verrons-nous les musulmans pénétrer en force dans les conseils municipaux. C’est le nom d’un autre « Dieu » qui commencera à être prononcé par de nouveaux élus moins timorés. Les catholiques se lamenteront devant une si triste situation..

Est-il donc impossible que certains de nos meilleurs fidèles essaient de se lancer dans le combat politique local ? Ou pensons-nous que l’avertissement de Monseigneur Lefebvre est irréalisable et que ce vœu pieux, après avoir été religieusement écouté, est destiné à demeurer indéfiniment lettre morte ? Ou cette action est-elle dédaignée parce qu’elle nous paraît trop modeste? En ce dernier cas, il serait alors plus honnête de cesser de faire passer l’enregistrement de ce sermon…

S’investir dans l’administration des communes, dont la grande majorité est de petite taille, est une action politique vraiment réalisable, utile et formatrice pour apprendre le métier politique. Il existe encore un certain nombre d’élus municipaux catholiques qui se trouvent en place. Leur nombre ne cesse cependant de diminuer de telle manière que l’on peut réellement craindre, sans notre soutien et nos encouragements, que l’on finisse par voir disparaître les derniers.

Il faut que nous inspirions aux catholiques la volonté de ne plus rien lâcher du terrain et des positions qu’il leur reste et, avec la grâce de Dieu, qu’ils aient la volonté d’en conquérir ou d’en reconquérir de nouvelles, aussi modestes qu’elles soient. Ne croyons pas que cet investissement soit de peu d’utilité. Nous en connaissons encore, certains de ces élus municipaux catholiques, qui font un bien véritable dans leur commune : leur seule présence au conseil municipal suffit déjà pour qu’on ne parle plus de la religion avec le mépris qu’il est de bon ton d’adopter aujourd’hui ; l’affichage sauvage de publicités immorales est évité et, si le prieuré ou une chapelle se trouvent sur le terrain de cette municipalité, les relations avec la commune s’en trouvent souvent bien facilitées.

On dira peut-être que ce n’est pas grand-chose : c’est pourtant déjà un premier effet, même s’il demeure encore  faible, de l’action de Notre-Seigneur dans la cité. Si d’autres catholiques y sont élus, pourquoi cette influence n’augmenterait-t-elle pas davantage ? Et si l’un de ces élus devient maire ?

Faut-il compter pour rien que certains maires soient allés jusqu’à consacrer leurs villages au Sacré-Cœur ? Nul besoin de devoir rentrer dans un parti politique pour accomplir cette besogne dans sa commune. Et, s’il finissait par y avoir une centaine de maires en France, catholiques convaincus, adeptes réguliers des Exercices, reconnus de la population locale pour leurs qualités, cela n’aurait-il aucun poids pour l’avenir ?

Nous pensons que, dans de nombreuses municipalités, quelques catholiques, convaincus, généreux, ne comptant ni leur peine ni leur temps, peuvent véritablement coopérer au règne du Christ Roi, petitement et imparfaitement sans doute, mais d’une manière réelle et efficace.

Bien sûr, l’action politique locale que nous préconisons ne transformera pas d’un seul coup notre société laïque en société chrétienne. Mais tout est possible à Dieu. Cette action sera longue, très longue avant de porter des fruits et d'aboutir à une influence réelle sur les destinées du pays. Elle donnera l’habitude de la chose politique, des rouages de l’administration, des pièges à éviter et des difficultés à surmonter. Elle préparera les meilleurs à des fonctions plus hautes si telle est la volonté de Dieu. Petit à petit, d'un simple mandat local, certains pourront être appelés à des responsabilités plus importantes avec une influence qui pourra être réelle dans la mesure elle est le fruit d’un enracinement sur le terrain.

0e75e0ccf0360ac9a26b2efe42092874.jpgNe rien faire, « se retirer sous sa tente », attendre un hypothétique grand monarque et chercher à ne protéger que sa famille et sa chapelle sont des comportements qui annoncent la mort. Nos ennemis cherchent à effacer jusqu’au souvenir de la Fille aînée de l’Eglise, et, s’ils ne peuvent encore y arriver entièrement aujourd’hui, demain, si les catholiques finissent d’abandonner ce terrain, ce seront nos écoles, nos prieurés, nos familles qui seront menacés de disparition. Devons-nous nous laisser éliminer sans combattre ? Ce serait oublier la belle histoire des Maccabées.

Aussi j'encourage les hommes pieux, instruits, courageux et habiles à mener ce combat des élections municipales prochaines. Apprenez aussi à connaître les élus catholiques qui, dans votre région, mènent ce combat afin de les soutenir.

Nous cherchons, quant à nous, à vous apporter le soutien spirituel pour que vous teniez bon dans ce combat et nous voulons vous apporter l’éclairage que procure la formation à la doctrine de l’Église qui est la seule charte de combat d’un catholique dans la cité.

Nous ne nous reconnaissons dans aucun parti et nous ne sommes d’aucun parti sinon du parti de Notre-Seigneur. Nous sommes persuadés que «  le suffrage universel est le mensonge universel » et que la reconquête de notre pays à Notre-Seigneur ne viendra pas de l’addition des bulletins dans les urnes.

Voilà pourquoi, nous affirmons nos préférences pour le combat politique local où les méfaits du suffrage universel sont atténués par la plus grande connaissance que l’on a des hommes, des nécessités et des intérêts locaux.

Je vous souhaite, dans cette perspective, une bonne et sainte année 2008 dans le Coeur Douloureux et Immaculé de Marie.

Abbé Régis de Cacqueray-Valménier, Supérieur du District de France

13.08.2007

Quel est notre rôle dans la Cité ?

Extrait du discours prononcé par M. l'Abbé de Cacqueray le 19 VI 2007

L’on a trop souvent vu les clercs à travers les temps et plus particulièrement depuis quelques décades, se croire investis d’une mission politique et vouloir faire l’éducation politique de leurs ouailles. C’est la raison pour laquelle au lendemain des élections en notre pays, je me garderai  bien de vous proposer un commentaire de cette nouvelle oscillation politicienne où la vague bleue l’a emporté sur le champ des roses.

Pourtant, nous ne pensons pas que cette vague, que l’on nous dit être bleue, pourra laver notre sol de ses péchés et de ses turpitudes. Etant sale en elle-même, elle n’a pas la puissance de rafraîchir, de renouveler et de rajeunir. C’est peut-être bien une vague, mais elle se trouve au fond d’un égout ; c’est pourquoi la solution politique de notre pays ne sera pas trouvée tant que l’on s’obstinera à penser qu’elle peut provenir d’un va et vient tantôt bleu, tantôt rose.

Mais il ne nous vient pas à l’idée, parce que notre pays se trouve englué dans cette sentine, de nous en désintéresser ni d’attendre qu’il soit retiré du croupissement où il se trouve, par l’effet de nos seules prières ni même par un miracle de Dieu. Bien sûr, Dieu peut faire  un miracle s’il le souhaite, mais ce miracle demeure un moyen extraordinaire qui ne saurait nous dispenser d’œuvrer sur nos créneaux.

Il ne faut donc pas nous indigner, si la France baigne dans un tel cloaque, que ceux qui n’ont pas encore désespéré du salut politique de notre pays, aient parfois du mal à ne pas être imprégnés d’odeurs nauséabondes. Puisque nous vivons sur cette terre, nous sommes bien obligés d’en fouler le sol ; ce serait donc un rêve que d’imaginer y vivre sans nous préoccuper de nos campagnes et de nos cités et ce n’est pas parce que l’air y est empesté qu’il faut pour cela que nous nous arrêtions de respirer. L’homme est un animal politique et il est impossible à celui qui vit sur la terre d’échapper à la situation concrète telle qu’elle est,  si peu reluisante qu’elle soit.

L’orientation essentielle de cette  politique est d’établir le règne de Notre Seigneur,  pas seulement  dans les sacristies ni au fond des âmes, mais aussi très réellement dans nos campagnes, nos cités et sur tout notre pays. Tout est à Lui. Qui a donc le droit de retirer quelque chose à Son empire et comment le monde peut-il tourner s’il ne Le reconnaît pas comme le seul axe valable ?

En matière de politique, la France possède la gloire d’une espérance incarnée  de la façon la plus sublime par sainte Jeanne d’Arc. Nous ne perdrons jamais notre temps à réfléchir ni à tirer les leçons de l’exemple qu’elle nous a laissé et ce serait commettre un contre sens désastreux de ne voir dans sa mission, qu’une chevauchée éthérée où les murailles tombent d’elles-mêmes, où les anglais cessent d’être les excellents combattants qu’ils sont et où la reconquête du sol français se produit la fleur au fusil.

La spiritualité de Jeanne ne consistait pas à croire Dieu tellement puissant qu’il eût fallu tout lui laisser faire et le regarder agir en se croisant les bras. Bien au contraire, elle a enfourché un véritable destrier, s’est fait donner une véritable épée et elle a payé de sa personne : au siège de Paris sa cuisse est traversée par un trait d’arbalète ; à Jargeau, elle tombe sous le poids d’une pierre lancée du haut des remparts ; à Orléans, un premier trait d’arbalète la traverse du sein à l’aisselle. Elle paye de sa personne et de sa chair jusqu’aux flammes du bûcher.

Elle a dû vaincre les tendresses familiales et laisser sa mère filer la laine,

S’arracher aux siens pour obéir à l’appel de la mission divine,

Partir pour suivre ses voix contre la sagesse de tous les sages,

Partir contre toutes convenances au milieu des soldats,

Habillée en homme, dût-elle être moquée et condamnée,

Passer outre au dessus des juristes, des diplomates et des clercs !

Faire fi de la médiocrité de bien des hommes,

Braver les autorités, chanceliers ou capitaines,

Menacer un roi étranger, attaquer ses troupes, forcer ses bastilles,

Lui enlever des villes,

Remonter le moral de tout un peuple abattu par la défaite,

Imposer le respect de Dieu à l’armée et le sacre de Reims aux politiques,

Vaincre l’inertie du roi et le persuader de sa légitimité,

Aller malgré l’intrigue et la trahison,

Accepter les prisons, la calomnie, le calvaire moral,

Toujours résistant à l’imposture, à 17 ans.

Pour servir Dieu d’abord, à temps et à contre temps.

L’inspiration divine qui était si manifestement présente en elle, n’a pas épargné les transpirations de l’âme et du corps. Nous autres, qui sommes si loin de ce souffle divin, nous ne croyons plus aux vertus de l’inspiration qui a instruite Jeanne du chemin à parcourir ni même aux nécessités des transpirations de l’âme et du corps, pour que triomphe cette inspiration. Et que nous manque-t-il donc ? Précisément il nous manque l’inspiration et  la transpiration.

Il nous manque l’inspiration qui est pourtant bien donnée par Dieu à ceux qui l’écoutent et qui sont prêts à le suivre à travers toutes les chevauchées et toutes les cavales de l’âme et du corps qu’il exigera. Cette inspiration ne manquera pas de produire la vraie respiration de l’âme que l’on renouvelle dans la fidélité quotidienne à la prière, à la recherche studieuse de la vérité, aux Exercices Spirituels de saint Ignace qui retrempent les âmes.

Il nous manque la transpiration, l’effort que l’on maintient, qui ne se couche pas dans les adversités, qui ne désespère pas dans les défaites, qui sait que le combat selon le mot de Jeanne est le combat d’aujourd’hui et qu’il  vaut mieux «  aujourd’hui que demain et demain que plus tard ».

Mais me direz-vous, en ce qui concerne la France et la question politique, que nous faut-il faire concrètement ?  Il nous faut freiner la descente et la déchéance.

D’abord par la prière : elle doit être omniprésente dans notre vie parce qu’elle soutient notre pureté d’intention dans l’action ; elle nous tourne vers le Sacré Cœur pour Lui consacrer tout ce que l’on arrive encore à Lui consacrer de tissu social.

Ensuite, par l’utilisation de tous les moyens légaux qui sont à notre disposition, mais sans nous bercer d’illusion sur ces moyens. Aussi, dans cette intention, mes encouragements vont-ils à tous les catholiques qui œuvrent courageusement dans la cité pour défendre les vestiges d’ordre qui subsistent encore et cherchent à reconstruire ce qui peut encore l’être.

Abbé de Cacqueray