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23 février 2010

Appels solennels à rendre hommage à Sainte Jeanne d'Arc

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Alain Escada

Secrétaire général de l'Institut Civitas

alain%20escada.jpgCivitas lance un appel solennel à tous les Français afin que le 9 mai prochain, à 15h, ils viennent nombreux honorer à Paris la Sainte Patronne de la France.

Rappelons-nous que le deuxième dimanche de mai est le jour officiellement institué par l'Etat français pour fêter cette héroïne. Rappelons-nous l'époque où des foules immenses venaient au pied de sa statue se souvenir de la Sainte de la Patrie.

 

A l'heure où l'on se perd en considérations sur l'identité nationale, quelle meilleure illustration de celle-ci enseigner à nos enfants que la vie de Sainte Jeanne d'Arc, exact contrepied des défauts qu'il nous faut éviter et admirable synthèse des vertus qu'il nous convient de pratiquer ?

 

D'emblée précisons, d'une part que notre démarche ne vise nullement à concurrencer un quelconque autre hommage à Sainte Jeanne d'Arc, d'autre part qu'elle ne demande à ses participants aucune allégeance à un quelconque mouvement. Il ne s'agira pas non plus de marcher derrière des banderoles de Civitas : le drapeau du jour sera celui frappé aux armes de Sainte Jeanne d'Arc. C'est ce drapeau (présent sur place en centaines d'exemplaires) qui forgera l'unité des participants à cette journée. Dans ce souci de pérenniser l'hommage annuel à Sainte Jeanne d'Arc, Civitas entend simplement jouer un rôle d'organisation et de coordination de façon à permettre à tous les Français de se retrouver autour de ce modèle édifiant pour chacun de nous.

 

Jeanne, patronne de la France

Soyons d'humbles et fidèles héritiers de Sainte Jeanne d'Arc. Déjà les Français du XVème siècle n'ont connu la victoire contre l'envahisseur qu'en suivant la jeune paysanne de Domrémy. Et l'Eglise, en donnant Jeanne pour patronne à la France, nous la propose comme un modèle tout particulier à imiter. Le spectacle de la jeune sainte constitue le meilleur entraînement pour réagir contre le manque de persévérance dans les combats. En effet, cette faible fille de Lorraine a donné l'exemple d'une extraordinaire endurance en faisant face hardiment aux innombrables difficultés physiques, morales et politiques rencontrées, entraînant roi et capitaines à une lutte incessante.

 

De Sainte Jeanne d'Arc à Sainte Thérèse de Lisieux

Aujourd'hui, face à tant de sources d'inquiétudes secouant notre société et semblant humainement insurmontables, l'exemple de Sainte Jeanne d'Arc montre comment il est nécessaire d'ajouter à la prière - ô combien indispensable - une action efficace, persévérante et ardente.

Il faut souligner combien la campagne de Jeanne d'Arc avait inspiré la contemplative Sainte Thérèse de Lisieux, qui parlait de sa "sœur chérie" à propos de la sainte guerrière pour laquelle elle avait une profonde admiration.

"C'est ainsi qu'en lisant les actions patriotiques des héroïnes françaises, en particulier celle de la Vénérable Jeanne d'Arc, j'avais un grand désir de les imiter..." (Manuscrits autobiographiques - éditions du Carmel de Lisieux)

 

Le souci du Bien commun

Il y a dans sa mission toute la poésie primitive de l'épopée. Elle est à elle seule tout le roman de chevalerie dont l'imagination du Moyen Âge s'était enchantée, avec son triple élément de grâce féminine, d'héroïsme et de religion. On trouve chez elle la spontanéité qui se remarque chez les êtres de génie mais aussi la simplicité dans les dons extraordinaires. Elle incarne à merveille la droiture et le désintéressement. Elle est préservée du vice subtil de la vaine gloire.

A une époque où il faut tout reprendre à la base, on comprendra notre insistance à honorer la sainte de la Patrie. En effet, à l'accomplissement des tâches temporelles sont directement ordonnées les vertus qui nous font tragiquement défaut aujourd'hui : les vertus naturelles ou morales qui ont pour finalité le bien commun, le bien de la civilisation, vertus qui ont brillé d'une façon particulièrement sensible dans la vie de Sainte Jeanne d'Arc.

 

Le 9 mai prochain, tous présents pour honorer Sainte Jeanne d'Arc !


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Le 9 mai 2010, derrière sainte Jeanne d’Arc

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Abbé Xavier BEAUVAIS


beauvaisxavier.jpgOn a entendu parfois les propos scandalisés de certains du fait que des chrétiens, engagés dans la politique, « annexaient » sainte Jeanne d’Arc. Les auteurs de ces propos ont oublié qu’à une certaine époque, ils étaient les mêmes qui, à la suite de Michelet, présentaient, avec le Parti communiste, Jeanne d’Arc comme une milicienne ; mais ils ont surtout oublié saint Pie X  qui proclama Jeanne d’Arc, patronne du patriotisme chrétien.


Une sainte guerrière


Pour nous, retenons que Jeanne d’Arc, d’une part, est sainte et, d’autre part, qu’elle a une mission politique directement ordonnée au bien commun et temporel de sa patrie.


L’histoire de sainte Jeanne d’Arc constitue la preuve historique que Dieu ne se désintéresse pas des cités terrestres, qu’il en est le Maître et que son Fils Jésus-Christ est le Roi de la société, en particulier des nations, comme il est celui des âmes. Par ses actes comme par ses paroles, Jeanne soutient le principe fondamental de la sagesse politique. Non seulement, elle conduit le Dauphin à Reims, mais elle rappelle fortement le sens du Sacre. Charles, même couronné, ne sera jamais que le lieutenant – le tenant lieu – du vrai roi de France qu’est Notre Seigneur Jésus-Christ. Et Jeanne tient à ce que la leçon soit mise par écrit. Elle  a bien voulu nous faire comprendre que le vrai souverain de la France était Dieu et que le roi tenait de Lui son trône en commande.


Cet enseignement était nécessaire, il l’est encore plus de nos jours, car Dieu sait si le naturalisme de la fin du Moyen Âge fait pâle figure comparé à celui dont nous souffrons. L’enseignement de sainte Jeanne d’Arc n’ayant pas été compris par son temps, le laïcisme et le naturalisme ayant multiplié leurs conquêtes à partir de la Renaissance, pour triompher dans les institutions publiques en 1789, il faudra attendre quatre siècles pour obtenir la canonisation de Jeanne.


Sainte Jeanne d’Arc nous rappelle donc le fondement de l’ordre politique : l’ordonnance à la cité de Dieu, du temporel à l’éternel, du naturel au surnaturel.


« En toute chose, dit le proverbe, il faut considérer la fin », et le bon sens populaire s’accorde avec le précepte de l’Evangile : « Cherchez d’abord le royaume de Dieu et le reste vous sera donné par surcroît ». Or, ce n’est pas seulement sa vie privée que l’homme doit diriger vers la fin éternelle, mais aussi sa vie sociale, car comme l’ont dit et redit les papes Pie XI et Pie XII, la personne n’est pas faite pour la société, c’est la société qui est faite pour le bien de la personne. Ainsi donc les institutions civiques et sociales sont bonnes dans la mesure où elles  facilitent la recherche et la possession de Dieu. Elles sont mauvaises dans la mesure où elles s’en éloignent. Ceci fait ressortir - comme l’a affirmé plusieurs fois l’Eglise - l’absurdité du socialisme naturaliste qui renverse les choses en faisant, du bien temporel de la société, la fin suprême de l’homme.

Quel rapport que tout cela avec sainte Jeanne d’Arc ? Eh bien justement sa vie a été l’éclatante illustration de tout ceci. L’appel à Dieu dans la prière, la pratique des sacrements, le recours à la pénitence ne dispensent pas des autres moyens où seraient mis en exercice nos vertus naturelles, nos vertus guerrières. A ce propos, certains se sont étonnés - et s’étonnent encore - qu’une sainte, vénérée par l’Eglise, soit présentée sous l’aspect d’une vierge guerrière ardente au combat, entraînant son armée au plus fort des batailles à la manière des grands capitaines dont l’histoire retient les noms prestigieux. A ceux-ci, a répondu le magnifique cri d’enthousiasme et de foi qu’au procès de canonisation, lança le cardinal Parocchi, évêque d’Albano.

« Il faut qu’elle entre dans l’Eglise comme elle entra dans Orléans, casquée, cuirassée, lance haute, par les grandes portes ouvertes et tous les ponts-levis baissés »

C’est sur cette vision sublime que Jeanne d’Arc, béatifiée il y a 100 ans, vivante synthèse des deux vertus complémentaires d’héroïsme et de sainteté, reçut la consécration suprême en la basilique Saint-Pierre de Rome. Elle entra au Paradis comme dans l’histoire, en armes et à cheval et il est impossible de le concevoir autrement, n’en déplaise à ceux qui, aujourd’hui, jouent les vierges effarouchées, véhicules d’une charité invertébrée. Jeanne d’Arc est sainte, bien sûr, mais nous aimons retrouver en elle l’étonnante figure du chef de guerre qui la place au premier rang des grands stratèges. Il nous plaît de voir un grand stratège élevé sur les autels. Au Moyen  Âge, on le comprenait : tout chef de guerre, même et surtout s’il occupe le sommet de la hiérarchie, est aussi un combattant, donnant au cœur de la mêlée l’exemple des vertus guerrières qui sont la condition première de la victoire. Chez sainte Jeanne d’Arc, bravoure et réflexion s’allient en un parfait équilibre qui fait d’elle le modèle idéal du chef de guerre dans l’acception la plus complète et la plus juste du terme.


C’est donc cette personnalité guerrière de combattante, suprêmement étonnante chez une jeune fille de 17 ans,  qui nous donnera l’élan de l’honorer publiquement le 9 mai prochain.

Agir pour et avec Dieu


Les moyens surnaturels dispensent-ils des autres moyens où seraient mises en exercice les vertus naturelles ? Non. Pourquoi en France - cette France autrefois peuplée de millions de catholiques pratiquants (je sais que le concile est passé là-dessus comme un souffle terriblement destructeur) - pourquoi donc en France les catholiques se révélèrent maintes fois inefficaces dans le combat contre-révolutionnaire ? Pour deux raisons. Il y en a certainement d’autres et je ne prétends pas les épuiser. Parce que trop de catholiques n’ont pas soutenu leur combat politique par une vie chrétienne véritable et profondément vécue, et aussi, parce que beaucoup de catholiques se sont dispensés de toute action civique ; beaucoup se sont dit « Dieu donnera la victoire ». Oui, mais c’est oublier la première partie de la phrase : « les hommes d’armes batailleront et Dieu donnera la victoire ».  Il faut se rappeler que c’est à partir de notre nature, et au cœur de notre nature, que la grâce surnaturelle nous sanctifie et nous divinise en quelques sorte.


Nous demanderons à Dieu qu’Il fasse de nous, au poste où nous sommes, des soldats toujours plus généreux, toujours plus lucides, toujours plus prudents mais avisés, à l’exemple de sainte Jeanne d’Arc, patronne de la nation, elle qui apparaît, parmi tous les saints et dans le domaine du combat pour une cité catholique, comme l’une des meilleures insertions de la grâce dans la nature. Elle a su, en vue de la fin proposée, utiliser tous les moyens techniques, tous les moyens humains, toutes les ressources naturelles dont elle disposait, en elle et autour d’elle. Là, cette enfant de lumière était plus forte que les fils des ténèbres. Le but principal de la mission de Jeanne d’Arc - a-t-on dit - c’est la proclamation de la royauté de Notre Seigneur Jésus-Christ. Depuis que l’Eglise l’a placée sur les autels, elle est en effet devenue l’héroïne de cette cause. Mais, il ne faut pas en fausser les perspectives, se garder de laisser dans l’ombre qu’elle a confessé cette royauté par l’accomplissement et sous le sceau d’une mission spécifiquement nationale. Elle a exalté le Christ Roi en affirmant et même en soutenant, jusque par les armes, la particulière royauté du Christ sur la France. Elle a rendu gloire en allant droit aux réalités d’ici-bas pour étendre sur elles le royaume de Dieu.


Elle a rétabli, à la tête des armées, un édifice politique dont la clef de voûte était et devait rester le Christ. Or, on ne comprend plus aujourd’hui ce réalisme surnaturel.


L’influence de l’humanisme  païen - une fausse religion de l’Etat plus prompte à tout abandonner à César qu’à enseigner ce que César, lui-même, doit à Dieu - en nous accoutumant au laïcisme, a éteint en nous le sens surnaturel des destinées nationales. Cette suzeraineté du Christ a fait figure de naïve coquetterie, de patriotique égoïsme, dépassés par la pensée moderne ; mais les peuples, sensibles en cela aux individus, auraient-ils une histoire si le pouvoir divin ne s’exerçait différemment sur eux selon des héritages divers, reçus de Celui qui a pris possession de l’Histoire ?


L’épopée de sainte Jeanne d’Arc se situe dans la ligne du plan divin sur le monde. Elle prend place dans la suite des événements-clefs qui, depuis l’événement du Christ, jalonnent la route des nations et l’histoire de l’Eglise.


En attendant de célébrer en 2020 le centenaire de sa canonisation par Benoît XV, préparons cet événement le 9 mai prochain.


Tous au défilé du  9 pour que vive Jeanne, vive la France.


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