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28 juin 2014

L’Escroquerie Compassionnelle du Gender

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Attendu qu’ils ambitionnent officiellement de corriger les disparités entre hommes et femmes en inculquant précocement aux enfants l’art d’oblitérer les polarités de genre impulsées par leur corps biologique puis entérinées par le corps social, les ABCD de l’Egalité recèlent les dangereux ferments d’un corpus doctrinal d’arasement destiné à gommer les reliefs d’une différence sexuelle perçue comme vecteur d’injustices. Cette matrice anti-éducative, à l’avant-garde d’un modus vivendi sociétal visant à soustraire la progéniture de la brute française aux archaïsmes néandertaliens de sa conscience sexuée, est actuellement distillée dans des académies expérimentales. Ces ABCD d’on-ne-sait-quoi n’ont fait l’objet d’aucun Arrêté Ministériel publié au Bulletin Officiel, d’aucune loi d’expérimentation ni d’aucun Décret du 1er Ministre. Le silence, l’opacité et la vélocité qui entourent la mise en œuvre des ABCD de l’Egalité sont dignes des manœuvres d’infiltration et d’espionnage les plus sophistiquées : l’agent secret s’introduit dans l’Ecole avec une couverture officielle (promouvoir l’égalité hommes femmes, thème fédérateur), un ordre de mission officieux (détruire les représentations sexuelles canoniques pour faire advenir une humanité hybride que son déficit d’identité rendrait plus perméable aux assauts du marché) et une arme à trois coups (la vulnérabilité de la jeunesse, l’ignorance des parents et l’autorité du maître). Le crime eût été parfait sans l’esprit de fronde de résistants gaulois déterminés à rappeler aux ministres portés par le suffrage qu’ils sont nos employés, pas nos directeurs de conscience, qu’ils ne sont que les humbles exécutants de la volonté générale et non les démiurges d’une humanité transgenre à l’image de leurs fantasmagories.

Peu importe qu’un homme coure le 100 mètres en 9 secondes 58 centièmes et qu’il faille qu’une femme se dope et en meure pour parcourir la même distance en 10 secondes 49 centièmes, pourvu que l’enseignant et ses apprenants soient convaincus, à force de nier l’écart de compétence physiologique, que ce résultat n’est que la traduction obsolète d’une stratégie d’infériorisation séculaire visant à inhiber le potentiel féminin. Parce qu’ils invitent à penser l’égalité comme nivellement des compétences et non comme apologie des différences, comme déconstruction des singularismes sexuels et non comme construction complémentaire du masculin et du féminin, les ABCD de l’Egalité sont une formidable machine à produire des contre-vérités scientifiques au service d’un révisionnisme d’Etat. Au lieu de pacifier le climat scolaire, ces ABC du Déni de la différence jettent les bases d’une guerre larvée entre les protecteurs de l’essentialisme sexuel et les tenants d’un constructivisme psycho-sexuel. Les premiers défendent l’idée que le sexe est une détermination ontologique innée, fruit de la Loi Naturelle, tandis que la LGBT sphère, qui a ses entrées dans les cabinets, décrète que l’Homme étant la mesure de toute chose et notamment de lui-même, sa détermination sexuelle lui est dictée par son propre vouloir dans un acte de parturition psycho-sociale. Pour promouvoir cette humanité réformée ayant pour modèle archétypal le mâle à dentelle sous jupette et la jeune fille sévèrement burnée, les enfants des académies expérimentales sont soumis à un protocole éducatif dévoyé : si l’égalité en dignité et en droits était enseignée aux enfants, les Journées de Retrait de l’Ecole n’auraient pas lieu d’être ; le dispositif ABCD de l’Egalité véhicule, à visage masqué, les modalités de la transition du sexe naturel vers l’auto-détermination du genre, en médiatisant et en promouvant l’éradication des marqueurs chromatiques, vestimentaires et comportementaux permettant de discriminer la fille du garçon : dans cette surenchère proprement altruicide, la castration du masculin par le féminin et son corrélat nauséabond, l’intégration d’attributs masculins au féminin, sont glorifiés comme le degré paroxystique du progrès.

Pourtant, nombreux sont les chantiers qui attendent l’avènement du Ministre providentiel : l’indigence des cours d’Histoire de France a vocation à tuer la ferveur patriotique dans le cœur des jeunes ; les vindictes communautaires ne semblent jamais apaisées par la mise en scène hautement lacrymale de séquences pédagogiques sur l’holocauste ou la plantation ; la lutte contre les disparités de classes appartient désormais à un âge d’or de la conscience politique que les programmes de sciences économiques -inféodés à la doxa du mondialisme financier- n’ont désormais plus le droit de relater ; les grands groupes financiers se piquent de réflexion sur l’éducation des masses qu’ils auront à charge de prolétariser, ont convaincu nos dirigeants d’abandonner les humanités au profit de techniques de commercialisation qui peinent à conjurer la vacuité orthographique, langagière et cognitive laissée dans leur sillage. Ainsi la Table Ronde Européenne composée des 47 dirigeants des plus puissantes entreprises du continent tient-elle régulièrement des Commissions Educatives sous l’égide tutélaire du slogan mercantiliste "un enseignement est une stratégie économique au service du pays". Nous actons qu’aucune de ces questions n’est prioritaire pour l’Education Nationale, qui leur préfère une stratégie de diversion : purger la collectivité nationale de sa dilection pour l’ordre sexuel immémorial par le truchement d’une catharsis éducative de masse : L’ABCD de l’Egalité.

La mystification de ces ABCD consiste à transférer, dans le domaine de la performance empirique, une égalité de principe et de droit entre les sexes, que personne ne conteste : hommes et femmes sont égaux en dignité ; or l’égalité est synonyme de similitude et d’identité ; donc hommes et femmes ne doivent guère faire l’objet d’une socialisation différenciée pour que vive le principe d’égalité, compris ici comme analogie ou réverbération du même. Voilà comment, à partir de syllogismes hasardeux et ratiocinations portées par un crypto-féminisme aigri et revanchard, les géniales idéologues de l’Education Nationale insultent le sens commun et pourfendent à l’envi la rationalité aristotélicienne qui régit le logos occidental depuis 2349 ans. Les familles de France s’insurgent contre ce genre de compulsion sectaire et ce paritarisme monolithique ; les familles de France refusent que l’Ecole érode le socle civilisateur de la complémentarité des sexes ; les familles de France désavouent cette anti-culture attentatoire aux particularismes innés. Des centaines de milliers de membres de la société civile militent actuellement pour l’abrogation des ABCD de l’Uniformité car ils constituent le cahier des charges et la pierre angulaire d’une vaste entreprise de refondation des identités sexuelles aux accents totalitaires. Ce dogme procède en effet par l’altération des catégories de la perception sexuée chez l’enfant et l’adolescent, ainsi que par la déstabilisation des archétypes structurants de la représentation duale. En décrétant, en marge de toute théorie scientifique, l’existence d’un genre psychologique susceptible de concurrencer le verdict pourtant sans appel du sexe anatomique, les ABCD de l’Egalité s’éloignent de la véritable épistémologie des sexes pour embrasser ce qu’il convient de dénoncer comme une forme de négationnisme biologique ou de révisionnisme ontologique.

 

CLOVIS TEYSSANDIER

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