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02 octobre 2009

Le dimanche - R.P. de Chivré


chivrept.jpgLa Sainte Ecriture nous affirme que Dieu a béni le Septième jour, c’est-à-dire, car tel est le sens de la béné­diction, qu’Il lui a communiqué une raison de se comporter d’une manière divine et d’être apprécié dans la lumière des relations réalisatrices entre Dieu et l’homme.

Le septième jour, c’est le jour de Dieu, par conséquent le jour des fécondités spirituelles venant compléter les fécondités créatrices des six autres jours.

Le Dimanche, dans une famille, a pour but de ranimer, dans chacun des membres, les dispositions surnaturelles qui ont peut-être été fatiguées ou comprimées par les luttes de la semaine qui se termine, et qui ont besoin de se refaire et de se rajeunir pour les difficultés de la semaine qui s’annonce.

Le Dimanche est cette admirable charnière qui assure la jonction entre une semaine qui se termine avec tout ce que cela représente d’efforts, de lassitude et peut-être de chutes, et une semaine qui s’annonce, avec tout ce que cela représente de persévérance, de fidélité et de volonté de "remettre ça".

Le Dimanche est une halte entre deux combats, une détente entre deux efforts humains, il est un repos nécessaire pour le corps autant que pour le cœur, mais, comme tout véritable repos, il exige une activité libre et bienfaisante assurant par elle-même une réfection morale et intellectuelle grâce aux relations directes renouées avec l'amour de Dieu.

Sanctifier le septième jour, c’est assurer à ces relations la possibilité d’exister. Les parents ont la responsabilité de conserver à Dieu la propriété qu’Il exerce sur ces relations spirituelles, en favorisant aux enfants, par leur exemple, l’actualisation des relations spirituelles, sous forme de prière, d’activité sacramentelle et liturgique, de respect du jour qui est la propriété de Dieu, en le préservant de tout ce qui peut l’avilir ou le démonétiser, par des distractions indignes de la conscience ou de l’intelligence.

Le Dieu créateur reste propriétaire du temps. Le Dieu Providence s’annonce propriétaire de la semaine qui vient. Et Le Dieu Rédempteur se propose le Dimanche pour nous faire participer à la vie du Créateur et de la Providence, en nous communiquant quelque chose de Son intimité divine, de Sa perfection divine, et de Ses qualités divines.

Pour Dieu, le Dimanche est Son droit à se reposer dans la gloire que Lui rendent les six jours. Pour l’homme, le dimanche est son devoir de dire à Dieu son merci d’avoir pu disposer des six jours. Et pour le Christ, le Dimanche est Sa joie de se reposer dans l’amour qu’Il reçoit des hommes et dans la joie d’en distribuer les effets dans l’adoration que l’homme lui réserve.

Dieu se repose dans l’admiration que chacun d’entre-nous décerne à Sa puissance, alors que pendant les six jours, nous avons profité des effets de cette puissance.

Le Dimanche est également l’occasion, pour une famille, de se rappeler la bonté absolue de Dieu, toujours anxieuse de se communiquer à nous dès que nous acceptons de Le rencontrer directement dans le culte d’amour qu’il attend de l’homme.

Le Dimanche, Dieu entend s’exprimer directement, sans l’intermédiaire de la gloire qu’Il peut retirer par le travail de l’homme pendant six jours, mais en traduisant directement à l’homme le désintéressement de Sa Rédemption pour le salut de chacun d’entre nous.

C’est pour cela que le Dimanche est rempli de bénédictions réservées à qui est capable d’en apprécier les mystérieuses réserves de réfection spirituelle.

Quand une famille respecte le Dimanche, Dieu respecte la semaine de la famille, non pas qu’Il lui supprime les épreuves, mais Il lui supprimera ce qui déshonore les épreuves : la révolte, le blasphème, le refus d’aimer et de croire.

Le Dimanche est la signature reposante de Dieu, au bas du texte relatant les six jours tels que l'homme l’a composé, et, par cette signature, Dieu lui donne approbation ou désapprobation, lui demande ou l’amour ou le repentir, afin de lui donner toutes ses chances d’écrire le texte de la semaine qui vient avec plus d’éloquence surnaturelle.

Il y a donc dans le Dimanche, pour une famille, l’occasion de se refaire une mentalité dont les parents et les enfants ont besoin pour demeurer famille chrétienne, c’est-à-dire : société où la conscience et les âmes continueront d’exercer leur droit d’assurer aux échanges la qualité de la vertu.

Dans le domaine pratique, il est nécessaire de rappe­ler aux parents que Dieu n’est Dieu que s’Il a la première place et que le respect du Dimanche représente cette première place :

  • du point de vue négatif, première place en ne faisant jamais rien d’indigne de Dieu, ce jour du Seigneur : paganisation des distractions et des amusements, en ne frustrant jamais Dieu de l’essentiel de ce qui Lui revient un Dimanche

  • du point de vue positif, d’honorer le Dimanche en lui accordant une obligation liturgique aussi liturgique que possible : la Grand-Messe, le Dimanche est une affirmation officielle de la Foi recommandée par Saint Thomas d’Aquin.

Il est curieux de voir dans la Sainte Ecriture que Dieu a créé l’homme et la femme le sixième jour, juste avant le septième, comme pour les placer l’un et l’autre le plus près possible de Lui, afin de satisfaire Son désir d’échanges fréquents avec eux. On dirait que Dieu a béni le Dimanche en faveur des foyers plus qu’en faveur des individus, puisque, comme Créateur, Il assure à l’homme et à la femme six jours pour exprimer les qualités qu’Il nous a données, et qu’ensuite, Il se réserve le septième jour pour recevoir de l’un et de l'autre la reconnaissance de leur adoration et de leur amour concrétisée par les foyers qu’ils ont fondés.

Un Dimanche sans Dieu, pour une famille, est un foyer qui n’est pas respecté et qui ne se respecte pas. Sans doute, pour nous chrétiens, ce respect est obligatoire mais une obligation qui n’est pas vécu avec amour est aussi digne de reproches que d’approbation.

Dieu est amour et Son amour recherché et respecté distribue dans les foyers une pacification et une joie très particulières et introuvables autre part.

En résumé, le Dimanche est le temps de Dieu où parents et enfants retrouvent la santé spirituelle et la joie de reconnaître l’amour du Seigneur comme une raison de s’aimer davantage entr’eux tous.

Les ménages doivent conserver au Dimanche une volonté de préférence contre laquelle viendront échouer les assauts du snobisme de la chasse, du plaisir et du voyage inutile, trop souvent invoqués comme des excuses inavouables et qui compromettent de plus en plus la paix des familles et la paix des peuples.

Enfin, dans le domaine temporel il est normal que les parents égaient le Dimanche par une note rehaussant les joies matérielles de la famille ou illustrant la journée par une belle détente esthétique, intellectuelle ou artistique digne de Dieu.

Dieu ne méprise aucune note humaine, du moment qu’elle n’est pas en désaccord avec Sa création et Sa Rédemption.


R.P. de Chivré


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