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24.04.2008

Le patronat du secteur hôtelier au secours des immigrés clandestins : il réclame 100.000 régularisations !

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La CGT et l'association Droits devant ! réclament une négociation avec le ministère du Travail pour des régularisations d'immigrés clandestins. Motif ? 150 métiers manqueraient de main d'oeuvre, principalement la restauration et le bâtiment. Pour faire pression sur les autorités et faire connaître leur cas, des centaines de sans-papiers se sont mis en grève la semaine dernière, en majorité à Paris et en Ile-de-France. Et alors qu'une délégation de la CGT a reçu lundi soir l'assurance du ministère de l'immigration que les cinq préfectures concernées par la grève "allaient étudier positivement" les dossiers de ces salariés, le mouvement a reçu lundi le soutien implicite du président de l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (UMIH), pourtant généralement à l'opposé des thèses de la CGT.

André Daguin, président de l'UMIH, juge que 50.000 régularisations d'immigrés clandestins sont nécessaires pour le seul secteur hôtelier, et "100.000 au total" en France. "Quels sont les inconvénients à le faire ?", s'est-il interrogé sur RTL. "Si on ne les régularise pas, il faut les licencier, donc dans Paris des tas de restaurants seront totalement désorganisés, on va tuer une partie du tourisme". "On ne pourra pas faire autrement", ajoute André Daguin de façon à forcer la main du gouvernement.

Didier Chenet, président du Synhorcat, 2e syndicat du secteur, s'est également déclaré en faveur d'une "régularisation massive" dans le cadre de la loi Hortefeux, comme en Espagne ou en Italie, selon les besoins du marché. "Si on régularise au cas par cas et qu'on traîne cela trop longtemps, cela veut dire que les chefs d'entreprises vont devoir licencier, et pour nous cela sera un non sens et une perte économique", a-t-il déclaré.

Voilà qui est tout de même un peu fort comme chantage. Que l'on sache, personne n'a forcé le secteur hôtelier à engager ces innombrables clandestins. Si tant de patrons de ce secteur y ont recours, c'est pour disposer d'une main d'œuvre à bon marché, une main d'œuvre nettement moins payée que ne le seraient des travailleurs français. L'Etat n'a nullement à encourager une telle attitude. Au contraire, ce mépris des règles qu'affiche le secteur hôtelier mériterait, dans un Etat de droit, d'être pénalisé. Notamment en facturant à ceux qui emploient de la main d'œuvre illégale une partie des frais de rapatriement de ces immigrés clandestins.

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